Pourquoi Genève a besoin d'un guide local
Genève est minuscule et internationale. La moitié de la population n'est pas suisse. Le quartier des Pâquis près de la gare c'est le coin le plus brut de la ville — kebabs, bars de plongée, et les meilleurs déjeuners pas chers. Carouge c'est la réponse genevoise au village — construit par des Italiens, plein de boutiques d'artisans et de marchés le samedi. La vieille ville est escarpée, calme, et a la meilleure vue sur le lac.
Genève reçoit environ 3 millions de visiteurs par an, et la plupart viennent pour l'ONU, le CERN, ou une conférence. Ils voient le Jet d'Eau, marchent autour du lac, visitent peut-être le Musée de la Croix-Rouge, et repartent après avoir vécu l'une des villes les plus internationales de la planète sans jamais l'avoir goûtée. Les Pâquis, le quartier entre la gare et le lac, c'est là où Genève vit vraiment après les heures de bureau. Un börek turc pour le déjeuner, de l'injera éthiopienne pour le dîner, un bar de plongée ouvert depuis que les diplomates ont commencé à venir dans les années 60. Devenir guide touristique à Genève, c'est comprendre une ville où la moitié de la population a un passeport étranger et l'autre moitié est là depuis des générations. Carouge, construite par le roi de Sardaigne au 18e siècle, ressemble à une petite ville italienne greffée au bord de la Suisse. Le marché du samedi là-bas, c'est là où les chefs et les locaux achètent les mêmes produits. Devenir guide touristique à Genève, c'est naviguer l'écart entre le déjeuner à 60 CHF au bord du lac et l'assiette kebab à 12 CHF aux Pâquis qui est sans doute meilleure. Devenir guide touristique à Genève, c'est montrer aux visiteurs la ville abordable, multilingue, et un peu brute qui existe derrière la façade diplomatique.