Pourquoi Nicosie a besoin d'un guide local
Nicosie est divisée depuis 1974. Une zone tampon de l'ONU traverse le centre de la vieille ville. Le côté sud c'est l'UE avec des euros. Le côté nord utilise la livre turque. Tu traverses par un checkpoint sur la rue Ledra, tu montres un passeport, et tu es dans un autre univers politique.
Chypre reçoit environ 4 millions de touristes par an, mais presque tous filent vers les stations balnéaires d'Ayia Napa, Paphos ou Limassol. Nicosie, la capitale, n'en reçoit qu'une fraction malgré le fait d'être la dernière capitale divisée d'Europe. Une zone tampon de l'ONU coupe la vieille ville en deux, et tu peux passer du côté grec-chypriote sud au côté turc-chypriote nord en 30 secondes en montrant ton passeport au checkpoint de la rue Ledra. Le côté sud a des euros, des drapeaux européens et les rues piétonnes restaurées de Laiki Geitonia. Le côté nord a la livre turque, des minarets et le Buyuk Han, un caravansérail du XVIe siècle transformé en centre d'art où tu bois un café turc dans la cour. Devenir guide touristique à Nicosie, c'est marcher avec les gens de l'autre côté d'une ligne politique gelée depuis 1974 et expliquer les deux camps sans en choisir un. Tu achètes du halloumi au marché Bandabulya côté nord et du souvla dans un grill côté sud et tu expliques que la même île produit les deux. Si tu veux devenir guide touristique à Nicosie, tu as besoin d'amis des deux côtés de la ligne verte et de la capacité de parler de division sans en faire un cours de géopolitique. Devenir guide touristique à Nicosie, c'est montrer aux visiteurs une ville qui est deux villes, et trouver les moments où elles se recoupent.